Lundi 28 janvier 2008
Ca fait un moment que je n'ai pas posté de critique culturelle sur ce blog, et je crois n'en avoir jamais fait au niveau musical. Voilà donc venue
l'occasion de commencer, puisque j'ai pu découvrir deux très bons groupes samedi soir en concert. C'est mon petit frère qui m'a entraîné , voulant notamment que je voie "Fahoro Mei",
une formation de fusion avec lequel son groupe entretien des relations d'amitié depuis un concert commun en novembre. Et je n'ai pas regretté le déplacement !
Avant de m'attaque aux groupes en question, un petit mot sur la salle, que je découvrais également à l'occasion : la Scène Bastille. Idéalement située à quelques encablures de la place de, la Scène Bastille offre également un cadre très agréable, avec une déco sobre, faite de poutrelles, rivets et autres lampions oranges. La salle peut contenir facilement deux cent personnes, sans compter les quelques tables sur les côtés. Car il y a aussi un bar, particulièrement fourni du reste. On regrettera par contre la gestion de la fin du concert : cinq minutes après le dernier morceau, il fallait déjà quitter la salle, apparement pour cause de transformation en boîte de nuit après minuit.
Mais venons en à l'essentiel : les groupes ! Si trois groupes
étaient à l'affiche ce soir, deux m'ont particulièrment accroché : High Hopes et Fahoro Mei, donc. C'est High Hopes qui a ouvert le bal, avec des compos qui vont chercher leur
inspiration à la fois dans le grunge (Nirvana, et surtout Nickelback pour la voix du chanteur), dans des riffs entêtants comme ceux d'Interpol, et surtout chez les Smashing Pumpkins, dont le nom
m'est spontanément venu après l'écoute de deux ou trois morceaux du groupe. Et ça tombe bien, car j'adore les Smashing Pumpkins ! Les chansons sont donc rarement joyeuses mais particulièrement
touchantes, servies par une musique à écouter très fort dans le casque, tout seul dans le noir au fond de son lit. High Hopes a un site web et
surtout est écoutable sur Jamendo. Ils ont aussi un chouette CD à 5€, plutôt bien enregistré d'ailleurs.
Fahoro Mei cloturait le concert, et l'a fait de fort
belle manière. Si j'avais pu écouter quelques uns de leurs morceaux en ligne, c'est vraiment en concert que l'effet est le plus réussi. Car Fahoro Mei fait du lourd, un son qui va chercher très
clairement du côté de Rage Against the Machine et, pour une référence française (car Fahoro chante en français), No One is Innocent. D'ailleurs c'est tant mieux que les chansons soient en
français puisque les textes sont très bien écrits et, pour ne pas me déplaire, assez engagés. Bref, une heure de pogo avec pour fond les prestations vocales de Naïm, le chanteur du groupe, qui
scande aussi bien qu'il murmure. Fahoro Mei s'écoute sur Jamendo et possède un site web (pas
modifié depuis longtemps par contre).
Avant de m'attaque aux groupes en question, un petit mot sur la salle, que je découvrais également à l'occasion : la Scène Bastille. Idéalement située à quelques encablures de la place de, la Scène Bastille offre également un cadre très agréable, avec une déco sobre, faite de poutrelles, rivets et autres lampions oranges. La salle peut contenir facilement deux cent personnes, sans compter les quelques tables sur les côtés. Car il y a aussi un bar, particulièrement fourni du reste. On regrettera par contre la gestion de la fin du concert : cinq minutes après le dernier morceau, il fallait déjà quitter la salle, apparement pour cause de transformation en boîte de nuit après minuit.
Mais venons en à l'essentiel : les groupes ! Si trois groupes
étaient à l'affiche ce soir, deux m'ont particulièrment accroché : High Hopes et Fahoro Mei, donc. C'est High Hopes qui a ouvert le bal, avec des compos qui vont chercher leur
inspiration à la fois dans le grunge (Nirvana, et surtout Nickelback pour la voix du chanteur), dans des riffs entêtants comme ceux d'Interpol, et surtout chez les Smashing Pumpkins, dont le nom
m'est spontanément venu après l'écoute de deux ou trois morceaux du groupe. Et ça tombe bien, car j'adore les Smashing Pumpkins ! Les chansons sont donc rarement joyeuses mais particulièrement
touchantes, servies par une musique à écouter très fort dans le casque, tout seul dans le noir au fond de son lit. High Hopes a un site web et
surtout est écoutable sur Jamendo. Ils ont aussi un chouette CD à 5€, plutôt bien enregistré d'ailleurs.
Fahoro Mei cloturait le concert, et l'a fait de fort
belle manière. Si j'avais pu écouter quelques uns de leurs morceaux en ligne, c'est vraiment en concert que l'effet est le plus réussi. Car Fahoro Mei fait du lourd, un son qui va chercher très
clairement du côté de Rage Against the Machine et, pour une référence française (car Fahoro chante en français), No One is Innocent. D'ailleurs c'est tant mieux que les chansons soient en
français puisque les textes sont très bien écrits et, pour ne pas me déplaire, assez engagés. Bref, une heure de pogo avec pour fond les prestations vocales de Naïm, le chanteur du groupe, qui
scande aussi bien qu'il murmure. Fahoro Mei s'écoute sur Jamendo et possède un site web (pas
modifié depuis longtemps par contre).
Le week-end dernier, j'ai eu l'occasion de visiter l'exposition temporaire "Allemagne, les années noires", qui se tient actuellement et jusqu'au 4 février prochain au musée Maillol, à
Paris. Présentant essentiellement des gravures et des dessins, l'expostion se propose d'evoquer les périodes troubles de la Première Guerre Mondiale et de la République de Weimar à travers le
regard d'artistes tels qu'Otto Dix, George Grosz ou Max Beckmann. On n'en ressort, évidemment, pas indemne.
Au milieu de la salle, quelques affiches de propagande de l'époque, bien entendu lisses et héroïques,
offrent un contraste qui donne encore plus de vigueur aux oeuvres présentées. En bout de salle, on passe de la guerre à la ville, dont sont offertes quelques représentations torturées : la ville
est un espace de conflit, de promiscuité, d'oppression, d'avilissement. Le style est similaire à celui utilisé pour évoquer la guerre, et l'on comprend d'ores et déjà l'importance que prend
l'expérience du conflit dans la vision des artistes allemands d'après-guerre, avec en germe l'expressionisme.
Des rues agitées enfin, où se montent des coups d'état à n'en plus finir, où les milices
et les orateurs de brasserie tiennent le haut du pavé. Grosz s'engage au KPD (parti communiste allemand) et livre des oeuvres plus engagées, notamment une série d'illustrations actualisées -avec
capitalistes oppresseurs sur fond d'usines de brique- des Brigands de Schiller. Et tout comme je m'étais souvenu, dans la première salle, d'une exposition consacré à Dix que j'avais vue il y a
près de dix ans à la fondation Maeght, je me suis remémoré la très bonne exposition du musée d'art moderne de Strasbourg d'il y a deux ans, dédiée à John Heartfield, un des pères du photomontage
et qui a notamment réalisé au début des années 30 les couvertures d'AIZ, le journal du KPD. Le même style d'avant-garde, la même révolte, la même ingéniosité.
Descente car, outre le match de l'équipe de France, c'était aussi la Nuit Blanche hier soir, et que nous avions décidé d'aller voir les animations prévues
aux Tuileries. Spectacle assez surprenant en pénétrant dans les anciens jardins royaux : un certain nombre d'installations pyrotechniques emplissaient l'espace. De nombreux pots de terre,
disposés en rangées le long de l'allée centrale, crachaient de vigoureuses flammes. A l'entrée, un grand lustre composé des mêmes pots de terre enflammés accueillait le visiteur. Plus loin dans
l'allée, des structures métalliques sphériques portaient ces mêmes pots de terre. Au fond, entourant la fontaine la plus proche du carrousel, de grandes cheminées de métal rougeoyaient sous
l'effet de la chaleur.
Je n'aime pas les films
d'horreur. Je n'aime pas beaucoup les films d'action non plus. Alors quand on m'a proposé d'aller voir "Planète Terreur", de Robert Rodriguez, j'ai un peu hésité. Certes, c'est avant tout une
parodie des deux genres sus-cités, mais ne maîtrisant que partiellement les films du genre, j'avais un peu peur de ne pas saisir toutes les références. Et puis, surtout, je n'ai pas vu "Boulevard
de la Mort" de Quentin Tarantino, qui forme avec le film de Rodriguez le dyptique "Grindhouse". Aux Etats-Unis, les deux films ont d'ailleurs été diffusés ensemble, simplement entrecoupés
de bandes-annonces bidons. Mais finalement, le film de Rodriguez peut très bien s'apprécier seul, et c'est tant mieux car il m'a en plus beaucoup plu.
Mais ce qui fait en plus le charme de Planète
Terreur, c'est qu'il n'est pas qu'un simple divertissement second degré, mais qu'il porte aussi en lui une certaine subversion -déjà présente dans les films du genre des années 80, par exemple
dans "la Nuit des Morts Vivants" de Romero. Ainsi, comment ne pas rire à cette scène autoparodique où, face au cadavre écervelé de Fergie, la pulpeuse chanteuse des Black Eyed Peas et
archetype de la superficialité, un docteur déclare : "Mais elle n'a pas de cerveau". Ou encore la mort d'un enfant à qui on a confié un pistolet et qui nous refait le coup de l'arroseur arrosé.
Ou de voir une mamie grabataire se transformer en zombie, ou une scène de viol avortée pour cause de liquéfaction du pénis de l'assaillant en cours de zombification. On choque les bonnes
consciences, on s'absout de toute morale, quitte à en faire des tonnes pour celà. Du reste, le film en lui-même peut apparaître comme subversif : le gore, la qualité parfois déguelasse de
l'image, l'évocation de films complétement ringardisés, les scènes choquantes de bout en bout, etc. sont autant de contrepieds à un environnement visuel de plus en plus asceptisé, où l'on refuse
tout ce qui n'est plus en haute définition, où l'on suit encore et toujours les diktats de modes et d'airs du temps aussi vite oubliés une fois les marchandises refourguées. Bref, une vraie
bouffée d'air, vicié sans aucun doute, mais très appréciable.
Au programme de ma sortie cinéma d'hier
soir : "Sicko", le dernier documentaire de Michael Moore qui traite du système de santé américain et de ses incroyables défaillances. Après avoir connu le succès le plus complet avec
le documentaire culte "Bowling for Columbine" sur les armes aux Etats-Unis et le palmipède cannois "Farenheit 9/11" qui aborde les dérives sécuritaires post-11 septembre, Michael Moore
revient à un documentaire beaucoup plus social, proche des "petites gens", près de vingt ans après "Roger et moi", dans lequel il évoquait le démembrement industriel du Nord-Est, et notamment les
conséquences des restructurations chez General Motors sur sa ville de Flint. Autopsie...
On retrouve aussi dans Sicko la propension naturelle qu'à Michael Moore à se
mettre lui-même en scène, à filmer sa silhouette en grand angle, sa dégaine d'américain on ne peut plus moyen dans sa modeste quête de la vérité. Et là encore comme dans les précédents opus, le
documentariste procède par questionements successifs, dont la naïveté apparente n'est évidemment que de façade. Le tout est sous-tendu par une construction très réussie, faite à la fois d'une
progression logique dans l'investigation/argumentation et d'une gradation savament entretenue pour faire le spectacle. Ainsi, Michael Moore commence par évoquer la situation aux Etats-Unis :
d'abord les non-assurés (avec un plan très cru d'autochirurgie en ouverture du film), puis les assurés, mais qui ne bénéficient pas du système car se faisant refuser le remboursement des soins
par leur compagnie, pour des raisons de plus en plus incroyables. En gros : comment la logique financière prend le pas sur la logique humaine, avec toute l'horreur quotidienne que ça implique.
Puis, Michael Moore décide de voyager un petit peu et commence par aller, comme dans Bowling for columbine, au Canada, pour dire que c'est mieux là bas. Puis, il ose le Vieux Continent avec
l'Angleterre. Et ensuite la France ! Bigre, mais comment faire pire ? Embarquer pour Cuba pardi ! Et constater que "même" là bas, ça fonctionne bien mieux qu'aux Etats-Unis.
"Naissance des pieuvres" est, quand j'y
réfléchis, une sorte d'exemple-type d'un cinéma qui me plait , que je serais tenté de qualifier de "cinéma total". Derrière ce concept foireux inventé pour la circonstance se cacheraient des
films particulièrement denses, dans lesquels rien n'est laissé au hasard, bourrés de symboles, d'une inattaquable cohérence, où tout, du montage à la bande son, du jeu d'acteur aux cadrages, des
décors à la photographie, s'imbrique parfaitement uniquement au service du propos du film. On peut reprocher à ce type de films d'être parfois un peu trop froids à force d'être implacables, peut
être. Exemples de cinéastes qui me viennent pour illustrer ce "style" : Kubrick ou Costa-Gavras (notamment "Etat de Siège").
Les trois comédiennes principales servent
très bien le film, par un jeu tout en justesse. La bande-son est très discrète, construite autour d'un seul thème particulièrement envoûtant, qui ne revient que lorsque nécessaire. Le film est
très stylisé, que ce soit par ses scènes de natation synchronisée remarquablement filmées ou par ses plans des personnages évoluant dans le décor design de la ville nouvelle de Cergy Pontoise. On
retrouve d'ailleurs dans les décors mêmes un certain nombre de symboles forts du film : la piscine, évidemment, lieu de moiteur et de révélation des corps, mais aussi ces clotures qu'à plusieures
reprises les adolescentes franchissent par de petites ouvertures secrètes, à elles-seules métaphores de l'adolescence. Et bien sûr la natation synchronisée, univers féminin par excellence, monde
de l'artificiel et de la performance, de l'uniforme et du paraître, avec tous ses envers du décor.
Pour inaugurer cette rubrique, voici ma critique
d'un film que j'avais vu il y a quelques années et qui m'avait déjà marqué, et que j'ai regardé à nouveau hier soir. Il s'agit de "Garde à vue", film de Claude Miller sorti en 1981, avec à
l'écran une jolie brochette d'acteurs puisque Lino Ventura, le récemment disparu Michel Serrault, Romy Schneider ou encore Guy Marchand campent les principaux personnages. "Garde à vue", ou
la plongée le temps d'une nuit dans huis clos policier tout en nuances, dont on ne ressort pas indemne.
Les personnages justement, particulièrement soignés et
remarquablement interprétés par leurs acteurs. Deux couples s'entremèlent dans le film : celui formé par Lino Ventura et Guy Marchand, l'inspecteur et son adjoint, et celui formé par Michel
Serrault et Romy Schneider, le notaire et sa femme. Les rapports entre les personnages vont évoluer au long du film, au fur et à mesure que les personnalités se dévoilent et que les rapports de
force se modifient. Difficile d'en dire plus sans révéler le contenu du film, mais le tout est construit avec une grande finesse.