Jeudi 1 mai 2008

Article publié pour la première fois sur L'héritage de mai 68.

 

Images_2A l'occasion du traditionnel défilé du 1er mai à Paris, on croise les syndicats bien sûr, mais aussi tout ce que compte la gauche de la gauche de groupuscules divers et variés. Ils ont leurs journauxCombat, l'Egalité, La Lutte Syndicale, etc.), leurs tracts (celui qui propose une "Vème Internationale" est mon préféré) et évidemment drapeaux rouges et/ou noirs de rigueur. Et dans cette jungle gauchiste les nostalgiques de Mao Tsé Tong étaient parmi les plus nombreux. Sauf que les maos croisés cet après-midi sont plus proches du PKK et des Tigres Tamouls que des Sorbonnards de mai 68...


Arthur Cembrese (mon pseudo sur le blog en question)

par Louis publié dans : Actualité - Politique
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Jeudi 7 février 2008
Bouton.jpgLe PDG de la Société Générale, Daniel Bouton, a vraiment la main sur le coeur. Pour se faire pardonner d'avoir laissé un trader, le désormais célèbre Jérôme Kerviel, déjouer tous les systèmes de contrôle internes de sa banque, prendre des positions risquées sur les marchés du monde entier et finalement fait perdre près de 5 milliards d'euros à la SoGé, M. Bouton a d'abord proposé sa démission. Mais face au refus de son conseil d'administration de se séparer d'un si bon élément, auteur il est vrai d'un rapport «Pour un meilleur gouvernement des entreprises cotées », le magnanime Bouton a décidé de renoncer à six mois de son salaire. Et puisqu'il n'est pas la moitié d'un saint, c'est stock-options comprises ! Le tout représente la bagatelle de plus d'un million et demi d'euros.

Car M. Bouton touche, selon le dernier rapport d'activités de la Société Générale, 3,3 millions d'euros, dont 1,25 million de salaire fixe et 2,05 millions de salaire variable (bonus, stock-options, etc.). A ces gracieux émoluments il faut ajouter les plus values qu'il réalise sur la revente de ses stock-options, qui ont fait, en 2006, grimper son revenu à 10,8 millions d'euros ! 10,8 millions d'euros , c'est à dire 703 années de SMIC : autant dire que Bouton a de quoi voir venir l'hiver.

Quand on voit avec quelle vigueur se pose aujourd'hui la question du pouvoir d'achat en France, avec un moral des ménages au plus bas depuis 2003, on ne peut que s'interroger sur la moralité de salaires aussi élevés que celui de M. Bouton. A fortiori quand les compétences supposées des heureux nababs sont aussi violemment remises en causes que dans le cas Bouton. «Le monde récompense plus souvent l'apparence du mérite que le mérite lui-même.
» nous dit La Rochefoucauld. De Jean-Marie Messier à, probablement, Daniel Bouton, qu'elle est longue la litanie des patrons largués en plein vol avec leurs parachutes dorés.

A défaut de compétence, c'est au risque qu'on lie généralement ces opulentes rétributions. Métier risqué que celui de grand patron quand le Président de la République parle de dépénalisation du droit des affaires. Métier risqué que celui de Daniel Bouton, qui préfère accabler Jérôme Kerviel plutôt que d'assumer la responsabilité de la faillite des systèmes de contrôle de sa banque.

Rappelons que les grands patrons français sont les mieux payés d'Europe, en gagnant en moyenne 6 millions d'euros par an. A l'heure où le plus grand nombre est prié de se serrer la ceinture (salaires gelés, médecine franchisée, probable hausse de la TVA) ou de cravacher plus (défiscalisation des heures supplémentaires, réforme à venir des retraites), le scandale de ces rémunérations n'est que d'autant plus criant. Alors, puisque la « rupture » est à la mode, que notre omniprésident veut « porter le changement » et « moraliser le capitalisme », que les caisses de l'Etat sont vides quand les poches des grands patrons sont pleines, exigeons la mise en place d'un salaire maximum !
par Louis publié dans : Actualité - Politique
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Mercredi 30 janvier 2008
Entrées en vigueur le 1er janvier 2008, les franchises médicales constituent la plus importante et la plus controversée des mesures prises par le nouveau gouvernement en matière de santé. D'application en apparence simple et indolore, elles se révèlent être un remède complexe à l'efficacité encore incertaine. Elles bousculent en tout cas le monde de la santé et obligent professionnels et patients à s'adapter.

franchises.jpgLes franchises sont très courantes dans le domaine de l'assurance privée. Elles constituent une somme que devra toujours acquitter l'assuré en cas de sinistre même si son assurance prend en charge la majorité des réparations. Cette franchise est le plus souvent déduite du montant indemnisable par l'assurance au moment du remboursement. C'est exactement ce principe qui a été transposé à l'assurance maladie avec la mise en place des franchises médicales. Ce calque du modèle privé, Nicolas Sarkozy l'annonçait déjà le 27 juin 2006 à la Convention Santé de l'UMP : « Nous parlons d’assurance maladie… Y a-t-il une seule assurance sans franchise ? » 

Il s'agit donc, avec les franchises médicales, de faire payer à l'assuré une somme sur chaque « sinistre », ici chaque acte médical, achat de médicament ou transport sanitaire que rembourse l'assurance santé. La mesure, très impopulaire, est justifiée par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot sur deux modes différents. Il s'agit avant tout de dégager 850 millions d'euros de recettes qui doivent servir à financer les chantiers de santé dont Nicolas Sarkozy a fait ses priorités : le plan Alzheimer, dévoilé le 21 septembre 2007, qui propose un plan d'action quinquennal contre la maladie neurodégénérative, mais aussi l'amélioration des soins palliatifs et la recherche contre le cancer. Mais l'objectif des franchises c'est aussi d'être « un élément indispensable de responsabilisation des patients » pour reprendre les mots de Mme la ministre. En clair : les franchises doivent amener à une réduction de la consommation française de médicaments, qui reste la plus élevée d'Europe.

Concrètement, la franchise médicale s'élève à 50 centimes d'euros par boîte de médicament et par acte paramédical, comme par exemple la kinésithérapie, les autres actes médicaux étant déjà soumis depuis 2005 à une participation forfaitaire par consultation. La franchise se chiffre à 2 euros par transport sanitaire : un aller-retour en ambulance est donc soumis à une franchise de 4 euros.

Cette franchise est plafonnée à un montant de 50 euros par an et par personne, au-delà duquel l'assuré n'est plus soumis à son paiement. Autre plafond : celui concernant les médicaments peu chers, comme les traitements homéopathiques, pour lesquels la franchise ne peut dépasser la somme remboursée par la Sécurité Sociale. Aussi, si la Sécurité Sociale ne rembourse que 40 centimes d'euros sur une boîte de médicament, la franchise ne sera pas de 50 centimes mais de 40.

Un certain nombre de catégories sont soumises à des exonérations de paiement de ces franchises. Les femmes enceintes, de 6 mois de grossesse à 12 jours après l'accouchement, sont exemptées de franchise.  Il en va de même pour les titulaires de la CMU (Couverture Maladie Universelle) complémentaire (accordée sous condition de ressources n'excédant pas 606 euros par mois pour une personne) ainsi que pour les moins de 16 ans. De 16 à 18 ans, seules les boîtes de médicaments et les transports sanitaires sont soumis au paiement de la franchise. A noter que les médicaments achetés dans le cadre de l'automédication, et donc non-remboursés par la Sécurité Sociale, ne sont évidemment pas concernés par les franchises.

Pharmaciens et médecins en première ligne

franchise-cabu.jpgLes pharmaciens se retrouvent naturellement au premier rang des concernés par le chamboulement des franchises médicales, puisqu'elles s'appliquent entre autres sur les médicaments qu'ils vendent aux clients. Et comme ils sont un des interlocuteurs privilégiés, ils doivent faire de la pédagogie à ce sujet. « On a beaucoup de clients qui veulent nous payer directement la franchise, à qui il faut expliquer que ce n'est pas comme cela que ça se passe » confie Jocelyne Wittevrongel, porte-parole de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques Français. Et pour cause puisque ce sont les Caisses d'Assurance Maladie qui se chargent de déduire les franchises des remboursements qu'elles effectuent.

S'il est encore trop tôt pour évaluer l'impact des franchises sur les ventes de médicaments, certains effets se font déjà sentir dans les officines. « Les gens veulent payer le moins  de boîtes possible, du coup ils demandent des grands conditionnements, des boîtes pour trois mois, qui ne correspondent pas forcément à leur traitement. » explique Jocelyne Wittevrongel. Mais en règle générale, les pharmacies ne semblent pas trop touchées par ces franchises médicales. Elles redoutent beaucoup plus le moindre remboursement par la Sécurité Sociale des « vignettes oranges », les médicaments jugés comme rendant un service médical insuffisant, signalés par les petites pastilles oranges accolées sur leurs boîtes. 

Les praticiens s'inquiètent également de ces franchises. Elles peuvent pourtant apparaître comme un alignement logique pour les kinésithérapeutes et autres auxiliaires médicaux, qui rejoignent ainsi les médecins déjà soumis au paiement forfaitaire à la charge du patient. Mais Christian Lehmann, médecin, écrivain et initiateur d'un appel contre les franchises  dénonce une mesure qui va « à l'inverse d'une politique cohérente de santé publique ». Si les gros consommateurs de médicaments paieront de toutes façons le plafond annuel de la franchise, ce sont les « petits et moyens consommateurs que l'on cherche à dissuader de se faire soigner pour des maladies apparemment moins sévères - celles qui, non soignées, peuvent justement s’aggraver - et bien évidemment pour les actes de prévention que l’on croit toujours pouvoir reporter à plus tard. » Une crainte d'une moindre attention des patients à leur santé qui est partagée dans la profession.

Autre problème pour les généralistes, le risque d'être l'objet d'un certain nombre de prélèvements de franchises alors même qu'ils ne sont pas concernés par la mesure. En effet, la pharmacie et de nombreux actes spécialisés soumis à franchises sont généralement en tiers-payant, c'est à dire que tout est payé par l'assurance maladie obligatoire et complémentaire sans que le client n'ait à être remboursé. Les franchises ne peuvent donc être récupérées sur ces actes et vont devoir l'être sur d'autres actes médicaux sans tiers-payant. Le syndicat des Médecins Généralistes de France (MG France) dénonce : « Les médecins généralistes n'ont pas droit au tiers payant. Les malades doivent avancer l'argent des actes des médecins généralistes et c'est sur le remboursement de ces honoraires que doivent être récupérées les franchises. Voilà qui  va faire croire que les actes des médecins généralistes sont moins remboursés et  désinciter les patients à consulter leur généraliste, pourtant référent essentiel en terme de santé. »

Les mutuelles privées de remboursement

ActUp.jpgLes différents organismes de complémentaire santé sont également concernés par l'instauration des franchises médicales. Une question particulière s'est d'emblée posée : sera-t-il possible pour les mutuelles de prendre à leur charge les franchises médicales de leurs patients ? Après une âpre lutte avec le gouvernement, elles en obtenu le droit, mais à un prix tel qu'aucune d'entre elles ne le proposera. En effet, en cas de remboursement des franchises médicales, les mutuelles perdent les avantages fiscaux liés aux « contrats responsables ». Ces contrats sont plus contraignants en terme de suivi médical mais permettent en contrepartie aux assurés de bénéficier d'une meilleure couverture. La Mutualité explique que le remboursement « de la franchise se traduirait par une augmentation d'au moins 10%, voire 15% à 20%, du coût de la complémentaire. » Les franchises ne seront donc pas remboursées par les mutuelles et resteront à la seule charge des malades.

Car au final, ce sont bien les malades les premiers concernés par ces franchises médicales. Bruno Palier, chercheur au Centre d'Etudes de la Vie Politique Française (CEVIPOF), explique que « le principe de solidarité entre bien-portants et malades qui prévalait depuis 1945 est aujourd’hui mis à mal. Avec les franchises, ce sont les malades qui paient pour les malades. » Et le chercheur de remettre en cause le but officiel de lutte contre la maladie d'Alzheimer des franchises médicales : « Tout le monde sait que l'argent de l'ancienne vignette auto n'a pas vraiment financé la vieillesse, comme cela avait été avancé lors de sa création en 1956. » Quoiqu'il en soit, la somme de 850 millions d'euros que sont censées rapporter les franchises est bien moindre que celle perdue par la Sécurité Sociale dans la défiscalisation des heures supplémentaires. Le manque à gagner de cette mesure est estimé à 75 millions d'euros pour le seul premier mois. Un hiatus qui ne peut que laisser craindre une augmentation du plafond des franchises médicales dans les années à venir...
par Louis publié dans : Actualité - Politique communauté : Apprentis journalistes
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Vendredi 18 janvier 2008
J'ai réalisé cette interview tout à l'heure pour mon cours de presse écrite économique. Comme je la trouve intéressante, je me permets de vous la faire partager.

Interview d'Eric Heyer


Eric Heyer est directeur adjoint du département analyse et prévision de l'Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE).

index-pouvoir-achat.jpgLe pouvoir d'achat est une des préoccupations majeures des Français, que pouvez-vous nous dire sur sa réalité chiffrée ?

Le pouvoir d'achat, concrètement, c'est l'écart entre l'augmentation des revenus et l'inflation. Il se trouve qu'en France cet écart est positif, c'est à dire que les revenus augmentent un peu plus vite que les prix, donc qu'en moyenne le pouvoir d'achat ne recule pas et a même tendance à progresser légèrement. Mais ce constat soulève deux nuances. La première concerne les chiffres de l'inflation communiqués par l'INSEE, qui sous-estimerait la hausse des prix et qui fausserait donc le calcul du pouvoir d'achat. La seconde, qui est très importante, c'est que lorsque l'on parle de pouvoir d'achat, il s'agit de données macro-économiques, de moyennes nationales, qui gomment les disparités entre les différentes catégories au sein du pays.


Et ces disparités sont fortes en France ?

Tout à fait. Il y a en réalité des catégories qui voient leur pouvoir d'achat reculer, typiquement les ménages les plus démunis, alors qu'au contraire les plus riches l'ont vu progresser, parfois très fortement. En termes financiers la hausse de pouvoir d'achat des uns fait plus que compenser la baisse de pouvoir d'achat des autres, ce qui explique qu'en moyenne le pouvoir d'achat augmente. Mais en nombre d'individus, les perdants sont beaucoup plus nombreux que les gagnants, c'est pour cela que la question du pouvoir d'achat se pose si fortement.


Qu'est-ce qui peut expliquer de telles disparités ?

Cette différence s'explique surtout par des structures de consommation différentes. En effet, les ménages les plus riches ont en proportion plus de dépenses de loisir que les plus pauvres, et on constate par exemple que les prix des biens d'équipement audiovisuel (chaînes Hi Fi, écrans plats, etc.) ont fortement reculé. A l'inverse, les ménages les plus pauvres consomment en proportion plus de produits de première nécessité (viande, légumes, etc.), dont les prix ont le plus augmenté. Enfin, il y a un facteur qui joue beaucoup dans ces disparités : le tabac, dont le prix a explosé ces dernières années. Les catégories les moins aisées consomment beaucoup plus de tabac que les plus riches. Et lorsque l'on retire le tabac des statistiques, on se rend compte que les disparités sont bien plus faibles.


Les mesures du gouvernement pour redonner du pouvoir d'achat aux Français vous semblent-elles adaptées ?

Non. On voit bien que, du fait des disparités, il faudrait cibler les mesures censées redonner du pouvoir d'achat sur les catégories sociales les moins riches. Or le gouvernement s'est trompé de cible puisque les mesures prises depuis l'élection de M. Nicolas Sarkozy ont surtout bénéficié aux plus riches. Le gouvernement a baissé l'impôt sur le revenu, c'est une mesure qui ne concerne que les gens qui sont suffisamment aisés pour payer l'impôt. L'allègement des droits de succession, le bouclier fiscal vont dans le même sens. Il aurait au contraire fallu prendre des mesures qui concernent exclusivement les catégories ayant les revenus les plus faibles, comme par exemple augmenter la prime pour l'emploi (PPE).

par Louis publié dans : Actualité - Politique communauté : Apprentis journalistes
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Lundi 14 janvier 2008
On dirait le Sud
Le temps dure longtemps
Et la vie sûrement
Plus d'un million d'années
Et toujours en été.

Nino Ferrer - Le Sud

Douze jours que je n'ai pas écrit sur mon blog : mais que se passe-t-il ? Entre autres nombreuses choses, il se passe la campagne syndicale à Sciences Po dans laquelle je m'implique comme qui dirait pas mal. A Sud étudiant, oui, pourquoi pas hein ? Et puisque finalement j'ai mis en page la totalité de notre matériel de propagande et que j'en ai écrit une bonne part, pourquoi ne pas vous le faire partager ici même ? Je suis sûr en plus qu'il y aura matière à débat...

Notre belle profession de foi

Notre superbe premier tract

Notre mirifique tract pour le conseil scientifique

Le premier d'une serie de sublimes tracts "éducatifs"

par Louis publié dans : Actualité - Politique
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Vendredi 4 janvier 2008
Les voeux  laissent toujours un goût bizarre : qu'on souhaite d'un coup tant de bonheur, de santé, de réussite, de prospérité, ça perturbe, ça dérange. Parcequ'en creux on sait bien que l'année ne sera ni forcémment heureuse, saine, réussie ou prospère. Et l'on peut  souvent affirmer qu'elle sera même proportionellement inverse aux voeux reçus : n'est-ce pas aux personnes en fin de vie que l'on souhaite "avant toute chose la santé" ?  Toute cette digression  un peu nihiliste pour dire que, plus que les autres voeux, ceux de Nicolas Sarkozy m'ont particulièrement  inquiétés.

Le président , tout juste rentré de sa crocodilesque croisière, s'est adressé à ses compatriotes le 31 décembre à la télévision. Il a, à cette occasion, employé une expression  aussi choc dans la forme qu'hermétique dans le fond : il souhaite une "politique de civilisation" ? J'ai beau y réfléchir, je n'arrive pas à voir dans ces termes autre chose que la résurgence d'une thèse bien connue, celle défendue par Samuel Huntington (et ces vrais cons de faucons néo-cons américains) de "choc des civilisations". Le monde se diviserait en blocs civilisationnels voués à un affrontement plus ou moins larvé pour la domination. Tout à fait réjouissant.

Dans cette perspective, qu'est-ce qu'impliquerait une "politique de civilisation" ? L'alignement à un éventuel leader de cette prétendue civilisation (à tout hasard de l'autre côté de l'Atlantique) ? Un impérialisme culturel, où l'on affirmerait la supériorité de notre civilisation, comme lorsqu'il s'agissait de coloniser l'Afrique à la fin du XIXème siècle ? Voire la définition de fumeux critères civilisationnels. Et qu'est-ce que l'on voit poindre à l'horizon : les fameuses racines chrétiennes...

caricature-recto.jpgCa tombe bien, Sarkozy s'est aussi rendu au Vatican récemment. On l'a fait chat blanc-chanoine, l'Eglise oubliant bien vite sa politique d'immigration quand Sarkozy lui a fait les yeux doux. Et il n'y est pas allé avec le dos de la cuillère : vas-y que je te donne de la fille aînée de l'Eglise, et de la remise en cause de la loi de 1905, et que je te passe et repasse des coups de brosse à reluire la mitre. Et allons donc jusqu'à bazarder l'école de la République par la fenêtre avec l'eau du bénitier... "Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et la charisme d’un engagement porté par l’espérance". Ouch ! J'ai mal à la laïcité en ce début d'année...

Heureusement, il est quand même des bonnes nouvelles en ce début d'année :  à défaut d'avoir échappé au discours on n'aura pas la course... Le Paris-Dakar n'aura pas lieu ! Oui, oui, les "500 connards" chantés par Renaud resteront sur la ligne de départ. Allez, maintenant on veut l'annulation des JO !
par Louis publié dans : Actualité - Politique
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Mardi 2 octobre 2007
Coucou Loulou
Tu as tellement peur que nous ne pensions plus que tu nous laisses sur ce texte depuis plus de 10 jours ; à quoi penses tu ?

Que répondre au cri d'une mère désespérée ?  Que dire  pour justifier ces dix jours d'inertie complète de mon blog ? Faisons court, faisons bien. La rentrée aidant, j'ai repris une vie associative assez intense, qui m'occupe particulièrement en ce moment. En effet, je suis impliqué à divers niveaux dans RSP, la radio des étudiants de Sciences Po, mais surtout dans In Vodka Veritas, le (seul) journal étudiant de la même école. Et il se trouve que nous avons sorti hier notre guide de rentrée, qu'il a fallu avant l'écrire et le mettre en page, l'imprimer, etc.  Heureusement le jeu en vaut la chandelle : il se vend très bien et plait beaucoup.

La rentrée aidant aussi, je commence à avoir du boulot à faire à la maison ou ailleurs (ça ne m'était pas arrivé depuis plus d'un an...), ce qui nuit aussi à mon temps libre pour prendre le clavier sur mon blog. Celà dit, c'est assez drôle de voir comme mon mutisme fait justement écho (et un mutisme qui fait écho, c'est en soi très fort) à ce que j'exprimais en fin de mon dernier article : travailler plus, penser/s'exprimer moins...

Et pourtant, il y en avait des choses à dire pendant ces dix jours. Par exemple au sujet d'un amendement honteux à une loi durcissant encore un peu les conditions d'immigration en France. Amendement repoussé par un Sénat pour une fois plus à gauche qu'une Assemblée Nationale apathique, à la majorité frappée de panurgisme (ou de fascisme éhonté, au choix). Amendement qui a surtout permis de focaliser l'attention pour faire d'autant plus facilement passer tout le reste de la loi. "On a gagné, le test ADN n'est pas passé". Mais tout le reste...

J'aurais aussi pu parler de la Birmanie, de cette révolte écrasée dans le sang, qui nous rappelle à nous, installés dans notre confort démocratique pantouflard tout occidental, que la démocratie n'a pas été donnée mais cédée et qu'elle reste un combat quotidien.

Je pourrais parler de l'entrée en application de la mesure phare du paquet fiscal sur la défiscalisation/revalorisation salariale des heures supplémentaires. Je pourrais dire que c'est une vaste blague de faire croire aux travailleurs qui veulent faire des heures supplémentaires qu'ils le pourront alors que celà restera soumis au desiderata du patron. Je pourrais dire que c'est une vaste escroqueriarton2924.jpge pour ceux qui voulaient rester aux 35 heures et qui vont subir de plein fouet la pression de leur employeur pour qu'ils fassent des heures supplémentaires, maintenant qu'elles coûtent bien moins cher. Je pourrais aussi m'interroger sur l'opportunité de faire travailler les gens plus plutôt que de mieux répartir de le travail, dans un pays qui compte plus de 2 millions de chômeurs.

Je pourrais aussi rappeler, dans le même registre, la proposition de Sarkozy de dépénaliser le droit des affaires. Et puis m'amuser à mettre cette idée pour le moins saugrenue (et surtout très idéologique) en regard du fait que la déliquance financière est celle qui coûte le plus cher au pays (lire par exemple cet article du Figaro, oppuscule gauchiste bien connu). Oh et puis cette "étude" menée par un groupe sous-MEDEF  "Positive Entreprise" (un nom beau comme du Lorie), qui trouve que décidement, les manuels de sciences économiques et sociales sont trop de gauche. Si encore c'était vrai, ça nous ferait au moins un contrepoint à une actualité politique, à une vie médiatique (lire ici comment cet acte de lobbying infondé a été relayé servilement par la presse), un air du temps décidement trop de droite...

Allez, il y a bien des raisons de rompre le silence, qui a été de tous temps l'allié des grandes comme des petites forfaitures. Je m'arrangerai juste avec Chronos pour reprendre un peu plus souvent du service ici.
par Louis publié dans : Actualité - Politique
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Dimanche 9 septembre 2007
logo680.jpgLes sartriens en goguette sur mon blog auront deviné, à la lecture du titre de ce billet, que l'on va parler d'une manière ou d'une autre d'élections. En effet, c'est de "piège à cons" qu'avait qualifié le philosophe français les élections dans un article paru en 1973, en pleine période post-soixantehuitarde. Mais si la critique de Sartre, quoique ne manquant pas d'une certaine justesse, semblait bien excessive, l'expression "piège à cons" prend tout son sens lorsqu'on évoque les élections au Maroc. En l'occurence, des législatives de vendredi dernier, vaste parodie de démocratie organisée dans un pays où le Roi détient les rennes des quatre pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire, presse).

Ainsi, vendredi, moins d'un électeur marocain sur deux s'est rendu aux urnes -le taux de participation s'élève péniblement à 41%- pour élire l'un de ses 325 députés à la Chambre des Représentants. C'est d'ailleurs probablement la donnée la plus importante de ces élections, bien plus que les résultats à proprement parler. Comment interpréter le désintérêt des Marocains pour ces législatives ? On pourrait regarder le taux d'analphabétisme, particulièrement élevé dans le pays. Ou alors la corruption généralisée de la classe politique marocaine, qui décourage bon nombre d'électeurs. Je me souviens que l'argument était revenu de manière quasi permanente dans la bouche de mes interlocuteurs là bas, quelle que soit leur classe sociale : "De toutes façons, ils sont tous complétement pourris". Ce qui, à vrai dire, n'est pas faux du tout...

Democratie.gifOn pourrait aussi développer un peu sur l'omnipotence royale dans le jeu politique, qui fait des élections un jeu de marionettes à peine amélioré. A quoi bon voter, puisque les élections ne changeront fondamentalement rien, le roi conservant la mainmise sur toutes les petites et grandes affaires du Royaume ? Les Marocains le savent très bien : la soupe démocratique qu'on leur sert n'est qu'une amère blague. D'ailleurs, il ne suffit pas que les élections n'aient aucun impact pour les décrédibiliser : le pouvoir royal lui-même s'échine à les disqualifier. N'avait-t'il pas fallu attendre une semaine en 2002 avant d'avoir les résultats ? Cette année, le délai est tombé à "seulement" une journée et demi. Le temps de faire chauffer les calculettes au Ministère de l'Intérieur ? Soulignons également qu'il y a quelques mois, les circonscriptions ont été redécoupées par Rabat, afin d'influer sur le résultat des élections (en l'occurence minimiser la poussée du Parti de la Justice et du Développement, islamiste). Avec du coup des circonscriptions complétement incohérentes, aux écarts de représentativité abérants.

Le plus drôle -n'oublions pas que le rire est la politesse du désespoir- c'est que pour bon nombre de Marocains, le Roi ressort grandit de tout celà. La démocratie étant travestie en mascarade, les politiciens sont peu enclins à être responsables, et, à défaut de pouvoir réellement changer les choses, la politique devient un théâtre pour des ambitions personnelles. D'où une floraison de partis politiques (33 pour ces législatives 2007) qui ne font qu'ajouter à la confusion et à l'impression de joyeux bordel qu'est l'arène dite démocratique. Diviser pour mieux règner, en somme.

Abordons quand même le résultat de ces législatives : le PJD fait moins que prévu et c'est l'Istiqlal (droite nationaliste) qui remporte le plus de sièges. A noter la dégringolade de l'USFP (Union Socialistes des Forces Populaires, social-démocrate), qui passe de première à cinquième formation politique du pays. Le parti à la rose paye sûrement un affadissement des plus complets de son message socialiste, notamment du à sa présence dans la Koutla aux côtés de l'Istiqlal justemment. La Koutla, qu'est-ce que c'est ? C'est peut être encore un facteur d'explication du désintérêt pour la politique des Marocains : pour gouverner, sous l'impulsion du Roi (toujours !), les partis politiques sont invités à former des alliances. Entre autres pour éviter que le PJD ait le pouvoir. Du coup, en 2002, l'USFP et l'Istiqlal, les deux partis traditionnellement ennemis, ont du s'allier. Et le Premier Ministre nommé, Driss Jettou, fut un technocrate pur jus histoire de ne facher personne. Et encore un coup porté à la politisation des Marocains...

par Louis publié dans : Actualité - Politique
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Jeudi 6 septembre 2007
medium-Guy-Moquet.jpgJ'ai pu constater depuis quelques jours la floraison, sur les panneaux  d'affichage public de ma ville, d'une nouvelle affiche du PCF. D'une dominante rouge qui tranche avec le vert des affiches de la Fête de l'Huma qui couvrent en ce moment tous les panneaux de Gennevilliers, elle figure de manière un peu stylisée le portrait de Guy Môquet ci-contre. Celui-ci couvre la majeure partie de l'affiche, est légendé discrètement "Guy Môquet, résistant communiste fusillé à Chateaubriant", et surmonte un bandeau dans lequel est inscrit : "Aujourd'hui, demain, combattre ensemble", ou quelque chose d'approchant. Le logo du PCF dans un coin de l'affiche complète le tableau.

Tout d'abord je n'ai pu m'empêcher de sourire. En effet, depuis que Sarkozy a popularisé le jeune homme en lui réservant son premier hommage de Président de la République, les passions se déchaînent, et notamment au PCF qui refuse de se faire voler "son" héritage. Pourtant, au-delà des manoeuvres politiciennes auxquelles Sarkozy nous a habitués, je trouvais plutôt positif que cette page de l'Histoire de France sorte de l'ornière communiste. A titre personnel j'ai été assez tôt sensibilisé à la personnalité de Guy Môquet et à la mémoire des fusillés de Chateaubriant, banlieue rouge oblige. Ainsi, dans la rubrique "martyrs de Chateaubriant" on trouve à Gennevilliers un collège Guy Môquet, une rue Jean-Pierre Timbaut (syndicaliste et employé municipal à la mairie de Gennevilliers, créateur à ce titre de la toute première colonie de vacances), une rue Jean Grandel ( premier maire de Gennevilliers), etc.

Mais, comme le proclame un célèbre titre de film, tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents communistes, ou du moins de grandir dans une ville communiste, et cette mémoire était jusqu'ici ignorée du plus grand nombre. Le PCF lui-même mettait en sourdine la martyrologie qui l'avait habité,  particulièrement au sortir de la guerre. Mais voilà que Guy Môquet revient sur la scène médiatique, et donc redevient un enjeu de lutte. Mouais...

J'aurais tendance à penser que c'est au contraire tomber complètement dans l'habile jeu de Nicolas Sarkozy que de vouloir se réapproprier Guy Môquet de la sorte. C'est s'incarner comme les forces obscures de la fermeture quand lui se veut le chantre de l'ouverture. C'est prêter le flanc à l'accusation droitière très à la mode de "sectarisme". Plus encore, c'est un aveu de faiblesse incroyable, c'est légitimer d'une certaine façon l'omniprésence de Sarkozy, puisque c'est ne se définir que par rapport à lui, même si c'est en creux. En somme Sarkozy est partout, jusque dans les affiches du PCF.

Certes il est très important d'honorer cette mémoire, fut-elle partisane, car de par sa nature partisane elle est trop souvent ignorée. Ca fait partie d'un certain folklore, même si ça ne parle souvent qu'aux militants. D'autres exemples de mémoires similaires, occultées souvent par les pouvoirs en place et honorées par certains groupes particuliers, me viennent : octobre 1961, la Commune de Paris, etc. Important de ne pas oublier donc, mais si la seule visibilité du Parti Communiste c'est l'invocation des morts, alors il n'y a plus de doute, le parti a déjà un pied dans la tombe.
par Louis publié dans : Actualité - Politique
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Mercredi 29 août 2007
Je suis un militant quotidien
De l'inhumanité
Des profits immédiats
Et puis des faveurs des médias
Moi je suis riche très riche
[...]
Et puis je traverse le temps
Je suis devenu omniprésent
Je suis une super référence
Je peux toujours ram'ner ma science
Moi je vais vite très vite
Ma carrière est en jeu
Je suis l'homme médiatique
Moi je suis plus que politique
Car je suis un homme pressé


Noir Désir - L'homme pressé 

Sarkozyjoggue.jpgVous l'aurez reconnu, c'est bien Nicolas Sarkozy que prophètisaient Bertrand Cantat et les siens dans leur chanson "L'homme pressé". Il est partout, tout le temps, parle de tout, est présent sur toutes les chaînes de télévision, on l'entend sur toutes les radios, il s'affiche en grand sur tous les kiosques à journeaux, fait la couverture de tous les magazines... Finalement, il ne lui reste plus qu'à faire comme Mohammed VI au Maroc et à étaler son portrait sur des panneaux 4x3m. On pouvait certes reprocher à son prédecesseur une mise en retrait parfois par trop excessive, mais en matière d'excès, il semble que l'actuel président batte tous les records. 

Plutôt que de me laisser par avance accuser de ne toujours pas avoir digéré l'élection de Nicolas Sarkozy et de lui dresser de faux procès, je vais tenter d'expliquer pourquoi toute cette agitation -et j'emploie à dessein ce terme plutôt qu'"action"- présidentielle me dérange. Et comme je ne suis pas avare en reproches, il me semble qu'on peut distinguer différents niveaux de lecture critique de l'omniprésence médiatique du Président de la République.

La propension qu'à Nicolas Sarkozy à s'impliquer dans tous les sujets d'actualité possibles et imaginables pose un certain nombre de problèmes. Tout d'abord, parcequ'en étant sur tous les fronts à la fois, on entretient -volontairement ou non ce n'est pas la question- un flou par rapport à la hiérarchisation des sujets. En effet, passent du coup au même plan les faits-divers, aussi sordides soient-ils, et les questions de politique étrangère, la politique monétaire de l'union européenne et le prix des fournitures scolaires, etc. Non pas qu'il s'agisse de juger qu'un sujet est plus intéressant qu'un autre, mais on peut résolument affirmer que certains mériteraient qu'on s'y attarde plus que d'autres. En répondant de façon pressée à des sujets aussi variés, on mélange tout et on confond ce qui nécessite des réponses rapides (par exemple une catastrophe naturelle), de ce qui nécessite une réflexion plus poussée (une éventuelle réforme de la justice).

Or en répondant vite, on répond souvent mal, a fortiori lorsqu'on répond par des solutions globales (une loi par exemple) à un cas isolé (un fait-divers). Ainsi, l'exemple récemment donné par Nicolas Sarkzoy suite au non-lieu psychiatrique déclaré dans l'affaire des homicides de Pau me semble particulièrement probant. Suite à ce fait-divers et à la décision qui a été rendue, on a pu entendre la déception des proches des deux infirmières décapitées de ne pas pouvoir avoir de vrai procès pour "faire leur deuil". Aussitôt, Nicolas Sarkozy saute sur l'affaire et demande à Rachida Dati de "réfléchir" à un dispositif permettant de juger des personnes déclarées pénalement irresponsables. Pourtant, sans m'étendre outre mesure dessus, cette mesure serait scandaleuse. Faire un procès à une personne irresponsable, ça reviendrait soit à nier la circonstance de la maladie, soit à juger la maladie en elle-même. Or la justice ne jugerait alors plus seulement les actes et leurs circonstances, mais l'essence même d'un individu (on ne choisit pas d'être malade mental, on l'est). La responsabilité d'un individu est une condition sine qua non pour qu'il y ait jugement, sinon le jugement devient au mieux absurde, au pire injuste et dangereux.

Ce n'est pas tout. En rebondissant de la sorte sur des faits d'actualité, les décisions sont mauvaises car précipitées, mais en plus elles sont prises sous le coup de l'émotion, ce qui pose deux problèmes. Le premier est similaire à celui de l'empressement : en agissant pour répondre à un émoi, par lequel on est soi-même touché, on perd une part du discernement qu'offre la distanciation et le recul. Le second est beaucoup plus pernicieux : en répondant aussi vite, alors que la société est en pleine émotion, on peut faire d'autant plus facilement avaler  tout et n'importe quoi. Pour le coup, Nicolas Sarkozy n'en est pas à son coup d'essai, et je le soupçonne d'utiliser le procédé à dessein. Je me souviens notamment d'un discours de campagne où il pratiquait à plusieurs reprise ce mélange entre l'émotion et l'action politique, en s'appuyant sur des faits divers. A ce propos, voir notamment : http://www.dailymotion.com/video/x1qa0n_sarkozy-et-rhetorique_politics
et http://www.dailymotion.com/relevance/search/Miller+Sarkozy/video/x1w3d9_gerard-miller-et-les-mots-de-sarkoz_events

Sarkoprie.jpgEnfin, et même s'il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur l'omniprésence médiatique de Sarkozy (par exemple s'interroger sur la distinction à faire entre la communication, les effets d'annonce et l'action réelle), il y a un aspect qui me choque particulièrement, et qui est peut être le plus grave. Voir Sarkozy sur tous les fronts, c'est entretenir un mythe politique bien français dont les avatars historiques, de Napoléon à Pétain, n'ont pas toujours été des plus heureux : celui de l'homme providentiel.Cette image quasi messianique qu'offre Nicolas Sarkozy me choque, non pas en tant qu'homme de gauche, mais en tant que démocrate. Et par exemple en matière d'indépendance des pouvoirs, si chère à Montesquieu et qui constitue un des socles de la démocratie, il y a matière à s'interroger...
par Louis publié dans : Actualité - Politique
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