Mardi 12 août 2008
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16:31
Oh I’ll never see a star again
In the pouring pouring rain
The Clash - Pouring Rain
Dernières nouvelles sur le front du journalisme de bas-étage (mais qui vend et qui emploie). Aujourd'hui, sur les coups de onze heures et demi, dans la petite salle
de rédaction locale que j'occupe en ce moment :
- Mince, on n'a pas de sujet d'ouverture pour nos pages de demain, [NDLR : nous composons des pages locales intégrées ensuite dans un journal plus large] Louis, tu n'as pas une idée
?
- Heu là spontannément non, mais puisqu'il pleut depuis deux jours, on peut peut être faire un point avec les vignerons sur le mildiou par exemple-
- Le mil...quoi ?
- Non, rien...
- Mais par contre tu as raison, il pleut. On n'a qu'à faire "Que faire quand il pleut ?".
- "Que faire quand il pleut ?" ?
- Pour les touristes...
- Mais il pleut encore demain ?
- Non mais ça c'est pas grave.
- Ah...
Donc voilà, j'ai du écrire sur "Que faire quand il pleut ?" même si les gens liront ça
demain au soleil. Le sujet est déjà pas terrible
Le chateau d'Aubenas, sous une pluie battante
(euphémisme), mais si en plus il tombe à contre-temps, ça devient du grand n'importe quoi. Alors bon, je suis quand même allé trainer mes pattes à l'Office de Tourisme, pour m'entendre dire des
banalités "Ah ben on conseille les grottes, les chateaux et les musées". Merci, je ne l'avais pas deviné. Et puis je suis rentré pour écrire ces mêmes banalités...
Quand un sujet est pas convaincant, l'écriture suit généralement. Pour masquer l'indigence du propos, on déploie les effets de style qui vont bien (et font gagner des lignes). A ce titre,
mon début d'article pour demain est une vaste blague :
"Il pleut depuis deux jours dans l’Ardèche méridionale. Pas de fines ondées, rapidement dissipées par un
mistral salutaire, mais une pluie drue, orageuse, tombée d’un ciel désespérement gris. Si les caprices d’Ouranos [Oui oui, allons y dans la personnification mythologique, histoire
de tomber encore plus bas] devraient prendre fin aujourd’hui, le mauvais temps a permis aux vacanciers de l’Ardèche, habitués aux baignades et autres descentes en canoë, de découvrir
de nombreuses autres activités.
C’est ainsi que l’Office de Tourisme d’Aubenas n’a pas désempli, hier, alors que des trombes d’eau s’abattaient sur la ville. Et d’après Emeline et Stéphanie, qui se chargent d’accueillir les
touristes, la veille «ça défilait déjà non-stop. Le lundi c’est toujours une grosse journée, mais hier c’était un record, on a vraiment eu beaucoup de monde.» Les vacanciers viennent ici chercher
idées de sorties (couvertes) [J'espère qu'au moins un lecteur comprendra l'allusion à la capote] et bons plans (d’intérieur). Heureusement, le département ne manque pas
d’atouts pour les satisfaire."
Bref c'est médiocre, mais comme hier on a salué l'intelligence (!) de mon titre "La muraille de Chine" pour un article sur une gardienne de but à Pékin (on est d'accord qu'on ne fait pas
plus bateau), je suis prêt à toutes les folies. Histoire de compléter le tableau enchateur de cette journée, j'ai du sortir faire une photo pour illustrer l'article. C'est évidemment à ce moment
que la pluie a redoublé d'intesité et que l'orage est tombé sur la ville. Joie et bonheur.
Par Louis
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Publié dans : Journalisme
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