Au lecteur

C'est ici un blog de bonne foi, lecteur. Il t'avertit dès l'entrée que je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. Mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein. [...] Si c'eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse mieux paré et me présenterais en une marche étudiée. Je veut qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice : car c'est moi que je peins. [...] Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon blog : ce n'est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain.
Louis (et Montaigne).
 

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Mardi 25 novembre 2008

Le pouvoir vous parlera-t-il tous les soirs à 20h30 ? C'est la crainte que soulève un amendement au projet de loi sur l'audiovisuel public. Il prévoit la diffusion de spots d'éducation sanitaire et d'instruction civique sur les créneaux laissés vacants par la publicité.


La réforme de l'audiovisuel continue de déchaîner les passions : pas moins de 850 amendements ont été apportés au projet de loi examiné aujourd’hui par l’Assemblée nationale. Mais celui présenté par le député UMP Yannick Paternotte retient l’attention.  Il propose de remplacer la publicité sur les chaînes publiques par des spots « ayant pour thèmes : l’éducation sanitaire et sociale, le développement durable, l’instruction civique et citoyenne et l’Union européenne ». Et le texte se fait plus précis en évoquant la « nécessité de largement diffuser une information […] sur de grands thèmes tels que le tabac, l'obésité etc. ».


Régine Chaniac, sociologue des médias à l’Institut National de l’Audiovisuel, s’indigne : « Les hommes politiques ne vont tout de même pas décider de ce qui passe à la télévision et à quelle heure ! » Mais elle nuance, n’étant « pas tellement inquiète d'une tentative de formatage des esprits ». Probablement parce que ces programmes auront du mal à retenir les téléspectateurs, comme  le pensent les syndicats qui dénoncent une télévision publique « synonyme de sérieux, [d’]austérité,[d’]ennui ». Un peu comme au bon vieux temps de l’ORTF.


Un nouveau cadeau aux chaînes privées

L’amendement propose même de définir les horaires de diffusion des spots : « à des heures de fortes audience tel que le créneau précédant le programme de première partie de soirée – entre 20h30 et 21h) ». La ficelle est trop grosse pour ne pas la voir. Avec la suppression de la publicité, France 2 et France 3 pourraient faire commencer leurs programmes du soir dès 20h35, après le journal télévisé. Chose impossible pour TF1 et M6 car le « tunnel » horaire entre 20h30 et 21h est le plus rentable en termes de publicité. Existe donc le risque de voir les téléspectateurs fuir le privé, attirés par des programmes publics débutant plus tôt. En empêchant de fait une telle situation, l’amendement, s’il était adopté, viendrait à point nommé pour les chaînes privées. Merci qui ?

Par Louis - Publié dans : Journalisme - Communauté : Apprentis journalistes
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Lundi 22 septembre 2008
Chouette, mon article sur les ultras de Livourne est paru dans l'Huma de ce matin. En couleurs et avec une belle photo !
Par Louis - Publié dans : Journalisme - Communauté : Apprentis journalistes
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Lundi 25 août 2008

Les Jeux Olympiques de Pékin sont donc finis. Enfin ! A l'heure des bilans, on se gargarisera des 40 médailles françaises, de la "remarquable organisation", des "splendides cérémonies" ou encore des cas de dopage "anecdotiques". Il n'y a qu'à regarder la une du Dauphiné de ce matin : "Un final en or" avec une grande photo du stade olympique embrasé des feux d'artifice de la cérémonie de clôture. Des JO parfaits en somme, et des médias pratiquement tous unanimes pour le claironner.

On pourrait faire un autre bilan, celui justement de la couverture médiatique des JO. Rappelez-vous, quand la flamme traversait péniblement Paris, quand on évoquait un boycott de ces jeux, les médias avaient joué l'appaisement, sur le mode "Mais si, il faut y aller, c'est l'occasion unique d'avoir autant de journalistes dans ce pays pour parler de la situation là-bas". Jacques Rogg, le président du CIO, n'a pas dit autre-chose encore hier, interviewé par Daniel Bilalian sur France 2. 

Qu'il y ait eu des journalistes présents sur place, on n'en doute pas. Pour ce qui est de l'analyse de la situation sociale et politique, on repassera. Pendant deux semaines, comme il fallait s'y attendre, c'est avant tout et surtout l'aspect sportif qui aura été traité. Des articles de fond sur la Chine, on en aura lu que trop peu. Les protestations sur le Tibet, tellement peu relayées. Le verrouillage de l'information, à peine évoqué. Ah mais du sport, de "l'olympisme" (il faudra m'expliquer ce que c'est, l'olympisme, quand on voit ces derniers JO), des médailles, des records, ça, on en a eu !

Et il faut voir comment... Les Jeux Olympiques, c'est le retour par la grande porte de ce vieux chauvinisme gaulois si prompt à se réveiller. C'est les commentateurs sportifs qui nous parlent de "Nicolas Lopez" et du "Chinois", dont il ne mentionneront qu'une fois le nom, lors d'un combat entre l'escrimeur français et Zhong. Pareil exemple en judo avec cette fois l'"Algérien", comme on dirait l'"Ennemi". C'est le plateau de France 2 qui se colore de bleu, blanc, rouge quand la France remporte une médaille, avec le petit détail qui tue : un cocorico qui va bien. De la dérision, un peu, c'est sûr. Un peu, seulement. 

Et puis c'est les gens qui se mettent à suivre frénétiquement un imbécile et abstrait classement des médailles, qui s'enthousiasment pour des sports dont ils n'ont strictement rien à foutre avant et après la compétition ("Chouette, on a une médaille en tir à 10 mètres !"). Le retour de Footix en quelque sorte. Bref, c'est enfin fini, et les prochains ce n'est heureusement que dans 4 ans !

  

Par Louis - Publié dans : Actualité - Politique
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Lundi 18 août 2008
Grrrrr. A croire qu'il ne se passe pas une journée au sein de ma rédaction locale sans qu'un truc m'énerve. Aujourd'hui au menu : les formats. Dans un journal, il y a différents formats d'articles pré-calibrés : de la brève à l'article pleine page, en deux-trois-quatre-parfois-cinq colonnes, avec ou sans photo, etc. Et les pages sont en fait pré-maquettées : on sait que la page d'ouverture de telle rubrique contient généralement tel nombre de brèves, tel format d'article en haut, telle taille de photo, etc. Celà dit, en théorie ce pré-maquettage n'est qu'indicatif et est susceptible de changer au besoin. En théorie.

Car on s'enferme bien vite dans le confort des habitudes, et ce qu'on fait "en général" (p.e. : "En général, on fait un 80 lignes comme article de tête"), on le fait en fait tout le temps. Et ça peut énerver. Exemple concret : jeudi dernier, au matin, comme souvent (voir post précédent), on n'avait rien de prévu comme sujet d'ouverture. Après plusieurs tentatives infuctueuses (dont un sujet qui aurait été super sur le centre d'accueil pour SDF, si les responsables dudit centre n'avaient été d'horribles procédurières qui ne veulent rien faire sans accord d'une hiérarchie qui rentre en septembre), nous avons jetté notre dévolu sur le commerce équitable à Aubenas. 

Pourquoi pas. C'est pas un sujet super-original en soi -la tendance a quand même déjà quelques années- mais en le creusant on peu trouver un certain nombre de trucs intéressants. A Aubenas il y a trois boutiques commerce équitable, c'est beaucoup pour une ville de son importance ; deux boutiques sont gérées par des bénévoles, l'une est une entreprise : quels rapports entretiennent-ils ? ; quelle population est cliente : les bobos d'Aubenas (peu nombreux), les touristes ? ; n'achète-t-on que du café ? ; quel degré d'engagement des boutiques (y'en a une qui vend du café zapatiste) ? ; etc. 

Bref j'y vais, je rencontre des gens  sympathiques et disposés à parler, et le sujet m'apparait beaucoup plus sympa qu'il en avait l'air. On me raconte ici que les relations avec tel bureau national de l'association qui gère telle boutique sont pas au beau fixe, que le suivi des produits n'est pas toujours assuré et qu'on songe à se mettre en indépendant. Là on me parle du commerce équitable "de proximité", auprès de producteurs ardéchois, sujet peu traité. Là-bas encore on parle de la cause des indiens mapuches qui mobilise particulièrement telle boutique. On m'explique aussi pourquoi, avec les nouvelles lois qui obligent à transformer en CDI au bout de 6 mois les emplois aidés, on ne peut plus embaucher un handicapé alors qu'on le faisait avant, etc. En fait, j'ai de quoi faire une page complète.

Ahlala, mais non ! Il ne faut pas dépasser les 80 lignes ! Pourquoi ? Parce qu'en dessous, il y a le fameux microtrottoir, avec cette question qui mobilise les foules : "Consommez vous équitable ?" et les réponses habituelles "Oui du café" ou "Non c'est trop cher". "Et on peut pas le dégager le microtrottoir ?" "Ben, c'est toi qui l'as fait !" "Oui mais bon, c'est pas par passion, c'est parce que vous me l'aviez demandé..." "Ouais mais tu comprends, c'est vivant, etc." (voir post consacré). Du chouette article un peu étoffé sur le commerce équitable et ses difficultés, on retombe sur le classique du Dauphiné Libéré : un article "serviciel", avec les adresses des boutiques, une photo souriante d'une gérante devant ses produits, et à peine plus de place qu'il n'en faut pour expliquer ce qu'est le commerce équitable. Youpi.

Et pour les curieux, au programme aujourd'hui : un enième article sur la gardienne de hand (normalement, elles sont éliminées demain, ouf !), un "filet" (30 lignes) sur "une famille Ardèchoise qui passe ses vacances en Ardèche" (super enthousiasmant comme sujet...). Y'a bien que demain soir où je devrais me faire plaisir : je passe une nuit aux urgences de l'hopital d'Aubenas. Pratique le stagiaire non-rémunéré : pas de surcoût à payer pour le travail de nuit...
Par Louis - Publié dans : Journalisme
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Mardi 12 août 2008
Oh I’ll never see a star again
In the pouring pouring rain


The Clash - Pouring Rain


Dernières nouvelles sur le front du journalisme de bas-étage (mais qui vend et qui emploie). Aujourd'hui, sur les coups de onze heures et demi, dans la petite salle de rédaction locale que j'occupe en ce moment : 
- Mince, on n'a pas de sujet d'ouverture pour nos pages de demain, [NDLR : nous composons des pages locales intégrées ensuite dans un journal plus large] Louis, tu n'as pas une idée ?
- Heu là spontannément non, mais puisqu'il pleut depuis deux jours, on peut peut être faire un point avec les
vignerons sur le mildiou par exemple-
- Le mil...quoi ?
- Non, rien...
- Mais par contre tu as raison, il pleut. On n'a qu'à faire "Que faire quand il pleut ?".
- "Que faire quand il pleut ?" ?
- Pour les touristes...
- Mais il pleut encore demain ?
- Non mais ça c'est pas grave.
- Ah...
 
Donc voilà, j'ai du écrire sur "Que faire quand il pleut ?" même si les gens liront ça demain au soleil. Le sujet est déjà pas terrible


Le chateau d'Aubenas, sous une pluie battante


(euphémisme), mais si en plus il tombe à contre-temps, ça devient du grand n'importe quoi. Alors bon, je suis quand même allé trainer mes pattes à l'Office de Tourisme, pour m'entendre dire des banalités "Ah ben on conseille les grottes, les chateaux et les musées". Merci, je ne l'avais pas deviné. Et puis je suis rentré pour écrire ces mêmes banalités...

Quand un sujet est pas convaincant, l'écriture suit généralement. Pour masquer l'indigence du propos, on déploie les effets de style qui vont bien (et font gagner des lignes). A ce titre, mon début d'article pour demain est une vaste blague :


"Il pleut depuis deux jours dans l’Ardèche méridionale. Pas de fines ondées, rapidement dissipées par un mistral salutaire, mais une pluie drue, orageuse, tombée d’un ciel désespérement gris. Si les caprices d’Ouranos [Oui oui, allons y dans la personnification mythologique, histoire de tomber encore plus bas] devraient prendre fin aujourd’hui, le mauvais temps a permis aux vacanciers de l’Ardèche, habitués aux baignades et autres descentes en canoë, de découvrir de nombreuses autres activités.

C’est ainsi que l’Office de Tourisme d’Aubenas n’a pas désempli, hier, alors que des trombes d’eau s’abattaient sur la ville. Et d’après Emeline et Stéphanie, qui se chargent d’accueillir les touristes, la veille «ça défilait déjà non-stop. Le lundi c’est toujours une grosse journée, mais hier c’était un record, on a vraiment eu beaucoup de monde.» Les vacanciers viennent ici chercher idées de sorties (couvertes) [J'espère qu'au moins un lecteur comprendra l'allusion à la capote] et bons plans (d’intérieur). Heureusement, le département ne manque pas d’atouts pour les satisfaire."
 

Bref c'est médiocre, mais comme hier on a salué l'intelligence (!) de mon titre "La muraille de Chine" pour un article sur une gardienne de but à Pékin (on est d'accord qu'on ne fait pas plus bateau), je suis prêt à toutes les folies. Histoire de compléter le tableau enchateur de cette journée, j'ai du sortir faire une photo pour illustrer l'article. C'est évidemment à ce moment que la pluie a redoublé d'intesité et que l'orage est tombé sur la ville. Joie et bonheur.

Par Louis - Publié dans : Journalisme
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Vendredi 8 août 2008
Je suis au Dauphiné Libéré depuis le début de la semaine pour un stage d'un mois, toujours à Aubenas. Le Dauphiné Libéré, c'est le quotidien de presse régionale qui a le monopole sur la région, qui est d'une fadeur à rendre François Fillon exhubérant, qui n'est pas toujours bien écrit et surtout souvent mal relu, qui épargne toujours les puissants mais qui n'oublie jamais les sujets pourris (voir ci contre)... Mais bon, au moins je suis en Ardèche, il fait beau, et je ne suis pas enfermé dans une rédaction parisienne, certes plus prestigieuse, mais moins trépidante. En bref, on me jette sur le terrain.

Le Dauphiné, des unes de grande classe
Le Dauphiné, des unes de grande classe

Mais il faut voir pour faire quoi. Cet après-midi, je vais réaliser mon troisième microtrottoir de la semaine. Le microtrottoir, qu'est-ce que c'est ? C'est poser une même question (souvent complétement banale) à quatre quidams rencontrés dans la rue, qu'il faut ensuite prendre en photo pour qu'il y ait leur portrait dans le journal. La plupart des gens refusent de se préter au jeu (on les comprend) et ça devient très vite pénible comme exercice. Pénible parcequ'on se retrouve dans la position de faire quelque chose qu'on ne cautionne pas du tout. On avale des couleuvres, repas de choix du journaliste débutant... 

Pourquoi on fait des microtrottoirs ? Parce que c'est censé renforcer la proximité lecteurs/journal, parce que c'est un espèce de succédané de l'interaction qu'a amené le web (avec par exemple la fonction "commentaires" sur les blogs) - mais pourquoi un journal papier est-il censé forcément reprendre des recettes du web, qui ne sont pas forcémment (voire "par essence pas") adaptées à son format ? - parce que, surtout, le Parisien le fait et que le Parisien est une des rares publications quotidiennes à ne pas être sur les rotules... Tant pis si l'intérêt journalistique de la chose est plus que limité.

Sinon j'écris quand même de vrais articles des fois. Bon, les sujets sont très locaux et pas forcémment passionants, mais c'est toujours plus marrant que le microtrottoir, vous l'aurez compris... Par exemple ici vous pouvez lire un article sur un fabricant de pagaies et de canoës.

Par Louis - Publié dans : Journalisme
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Vendredi 25 juillet 2008

Silence radio pendant quasiment deux mois, et voilà que c'est justement de radio qu'il s'agit. Rien de bien fou : je poste là certaines réalisations effectuées en stage à France Bleu Ardèche. Dit comme ça ça ne fait pas forcément réver, mais pourtant j'apprends plein de choses, et il y a autant de sujets ici que n'importe où ailleurs. Et puis, le jour où le 07 fera sécession, je serai aux premières loges...

Bref, enjoy :

boomp3.com boomp3.com boomp3.com boomp3.com boomp3.com
Par Louis - Publié dans : Journalisme - Communauté : Apprentis journalistes
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Mercredi 7 mai 2008
Article publié pour la première fois sur L'héritage de mai 68

68tours_3

Après une année 2007 couronnée d'un succès international, le duo français de musique électronique Justice refait parler de lui. Depuis le 1er mai, le groupe diffuse sur Internet exclusivement son nouveau clip, "Stress". Un clip dur, coup de poing et qui buzze : mille commentaires ont été déposés en une semaine avant que Dailymotion, où le clip a été mis en ligne, ne désactive la possibilité de le faire. Bien, et le rapport avec mai 68 dans tout ça ? Regardons d'abord le clip, on en reparle après...


A l'image, une bande de jeunes encapuchonnés, blousons noirs à l'effigie du groupe, sortent de leur quartier gris pour semer la terreur à Paris à grands coups de latte et de matraque. Un caméraman les suit, un preneur de son aussi. La caméra s'enraye même une fois pour nous le rappeler. On braque une vieille, on tabasse un jeune, on démolit un bar, on se fait courser par les flics, le tout sur une musique hypnotique. Finalement c'est une voiture que l'on vole façon GTA avant d'y mettre le feu ainsi qu'au preneur de son au passage. Le caméraman finit par se faire prendre à partie, cracher dessus puis assommer avec une bouteille en verre. "Ca te fait kiffer de filmer ça, fils de pute ?". Fin de l'histoire.


Le clip est violent ? Oui, de la violence brute, nihiliste, qui s'attaque à tout. De la violence qui choque, qui nous ramène aux skins des années 80, aux Warriors des 70's jusqu'aux pavés de 68, quand aujourd'hui on se regroupe pour danser la tecktonik. Un pavé dans la gueule, en somme. Le clip est raciste parce qu'il montre une bande de jeunes sans blancs ? Nouveau pavé dans la gueule d'un conformisme qui a poussé, depuis des décennies à mettre des quotas raciaux dans tous les films hollywoodiens (même si le noir n'est jamais celui qui survit jusqu'au bout) ou d'une discrimination dite positive mais qui n'en reste pas moins une.

Histoire_de_la_mode


Le clip de Justice n'oublie personne : le bourgeois catho-tradi sera autant choqué que l'étudiant gauchiste, la mère au foyer ou le jeune cadre dynamique. Choquer, éloge du nihilisme, nous voilà revenus au temps des situationnistes, de leur critique radicale de la société du spectacle comme elle est effectuée dans ce clip -"Ca te fait kiffer de filmer ça, fils de pute ?"- jusqu'à l'autodérision quand les jeunes défoncent l'autoradio qui diffuse D.A.N.C.E., le premier tube du groupe. En somme, ce n'est nullement dans le délire commémoratif ambiant mais peut-être bien dans le dernier clip de Justice que se trouve l'héritage de mai 68.


Arthur Cembrese (mon pseudo sur le blog en question)

Par Louis - Publié dans : Rubrique à brac
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Mardi 6 mai 2008

Quelques stations du métro parisien sont refaites en ce moment, les carreaux modernes ont été enlevés et révèlent un trésor caché : de vieux restes d'affiches du début des années 1960. Je trouve que tout ça a une certaine poésie...

Par Louis - Publié dans : Rubrique à brac
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Jeudi 1 mai 2008

Article publié pour la première fois sur L'héritage de mai 68.

 

Images_2A l'occasion du traditionnel défilé du 1er mai à Paris, on croise les syndicats bien sûr, mais aussi tout ce que compte la gauche de la gauche de groupuscules divers et variés. Ils ont leurs journauxCombat, l'Egalité, La Lutte Syndicale, etc.), leurs tracts (celui qui propose une "Vème Internationale" est mon préféré) et évidemment drapeaux rouges et/ou noirs de rigueur. Et dans cette jungle gauchiste les nostalgiques de Mao Tsé Tong étaient parmi les plus nombreux. Sauf que les maos croisés cet après-midi sont plus proches du PKK et des Tigres Tamouls que des Sorbonnards de mai 68...


Arthur Cembrese (mon pseudo sur le blog en question)

Par Louis - Publié dans : Actualité - Politique
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